Une récente campagne nationale de l’Inspection du travail montre que ces risques restent bien présents : 256 infractions ont été relevées auprès de 116 entrepreneurs. Près de la moitié des constatations concernait les risques de chute depuis l’ouvrage ou des problèmes liés aux échafaudages.
Voici cinq points à contrôler pour sécuriser le travail en hauteur et aborder plus sereinement une éventuelle inspection.
Pourquoi préparer un contrôle de sécurité sur chantier ?
Les 25 et 26 juin 2026, l’Inspection du travail a mené une opération nationale sur des chantiers de construction belges. D’après les résultats publiés par le SPF Emploi, 29 % des constatations concernaient un risque de chute depuis l’ouvrage.
Les problèmes liés aux échafaudages représentaient environ 20 % supplémentaires. Garde-corps absents, éléments de plancher manquants ou défauts de stabilité faisaient partie des situations observées.
Au total, l’Inspection a ordonné 47 arrêts immédiats de travaux. Une protection insuffisante peut donc mettre les travailleurs en danger, mais aussi désorganiser les équipes, interrompre le chantier et provoquer des retards importants.
1. Repérer les risques de chute avant de commencer
La première vérification consiste à examiner réellement la zone de travail. Les protections prévues sur le plan ne correspondent pas toujours à l’état du chantier au moment de l’intervention.
Avant de commencer, il faut notamment repérer :
- les bords d’étage et les différences de niveau ;
- les ouvertures présentes dans les planchers ;
- les cages d’ascenseur et conduits techniques ;
- les escaliers et accès provisoires ;
- les zones de toiture non protégées ;
- les endroits où une protection a été retirée ou déplacée.
Cette vérification ne doit pas être réalisée une seule fois. Le chantier évolue constamment. Une zone sûre le matin peut ne plus l’être après le passage d’un autre intervenant ou la modification d’un accès.

2. Donner la priorité aux protections collectives
La réglementation belge donne la priorité aux protections collectives par rapport aux équipements de protection individuelle.
Un garde-corps, une plateforme correctement aménagée ou une protection couvrant une ouverture agit directement sur le danger. Tous les travailleurs présents bénéficient de cette protection sans devoir accomplir une action particulière.
Lorsqu’une protection collective doit être retirée temporairement pour réaliser une opération, des mesures compensatoires efficaces doivent être mises en place avant de poursuivre le travail.
Un harnais antichute peut être nécessaire lorsque l’analyse des risques le prévoit. Il ne remplace toutefois pas automatiquement une protection collective manquante.

3. Contrôler les échafaudages et les moyens d’accès
Un échafaudage doit rester conforme pendant toute son utilisation. Il ne suffit donc pas qu’il ait été correctement monté au départ.
Avant de l’utiliser, vérifiez notamment :
- sa stabilité et son ancrage ;
- la présence des planchers nécessaires ;
- la continuité des garde-corps ;
- l’absence de vide dangereux avec l’ouvrage ;
- la sécurité des accès entre les différents niveaux ;
- l’impossibilité d’accéder aux parties qui ne sont pas prêtes à l’emploi.
Le moyen d’accès doit également correspondre au travail à réaliser. Une échelle n’est pas automatiquement adaptée à chaque intervention en hauteur. Le choix dépend notamment du niveau de risque, de la hauteur, de la durée du travail et de la fréquence des déplacements.

4. Vérifier les EPI et leur utilisation réelle
La présence d’équipements de protection individuelle sur le chantier ne suffit pas. Ils doivent être adaptés au risque identifié, en bon état et utilisés conformément aux instructions applicables.
Il faut donc vérifier :
- que l’équipement correspond au travail prévu ;
- qu’il ne présente pas de défaut visible ;
- que ses différents composants sont compatibles ;
- que les travailleurs savent correctement l’utiliser ;
- que les contrôles et vérifications nécessaires ont été réalisés.
Lors de la campagne nationale, des manquements liés à l’utilisation des EPI ont encore été relevés. L’objectif n’est donc pas simplement de disposer du matériel, mais de s’assurer qu’il protège réellement la personne qui l’utilise.

5. Coordonner les entreprises présentes sur le chantier
Sur un chantier, plusieurs entreprises peuvent utiliser successivement les mêmes accès, échafaudages ou zones de travail. Une modification réalisée par une équipe peut alors exposer les intervenants suivants.
Les responsabilités doivent rester claires : qui contrôle l’échafaudage, qui peut modifier une protection, qui remet le dispositif en place et comment les autres entreprises sont-elles informées ?
Cette coordination permet notamment d’éviter qu’un garde-corps retiré pour faire passer un matériau reste absent ou qu’un accès provisoire soit utilisé sans contrôle.
Avant chaque nouvelle phase du chantier, une vérification commune des zones concernées peut faire gagner un temps précieux et éviter de découvrir le problème pendant un contrôle de sécurité sur chantier.

Un contrôle ne porte pas uniquement sur les chutes
Le risque de chute était le principal problème observé pendant cette opération, mais l’Inspection a également relevé des manquements concernant :
- l’exposition à la poussière de quartz ;
- la protection contre la chaleur et les rayons UV ;
- les équipements sociaux mis à disposition ;
- l’utilisation des EPI ;
- la formation de base en matière de sécurité.
La préparation d’un chantier doit donc rester globale. Une protection antichute correctement installée ne dispense pas de vérifier les autres risques liés au travail, aux matériaux, aux machines et aux conditions météorologiques.
La bonne préparation commence avant l’inspection
La meilleure façon d’aborder un contrôle sereinement n’est pas de préparer rapidement le chantier à l’arrivée d’un inspecteur. Elle consiste à intégrer ces vérifications dans l’organisation quotidienne des équipes.
Avant le début des travaux et après chaque modification importante, retenez ces cinq réflexes :
- repérer les nouvelles zones de chute ;
- contrôler les protections collectives ;
- vérifier les échafaudages et les accès ;
- s’assurer que les EPI sont adaptés et correctement utilisés ;
- coordonner les différents intervenants.
Cette liste aide à identifier les principaux points d’attention. Elle ne remplace toutefois ni l’analyse des risques, ni les consignes du conseiller en prévention, ni les obligations applicables à chaque chantier. Le SPF Emploi détaille ces principes dans sa documentation consacrée aux travaux temporaires en hauteur.
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